Dieu est ma lumière

Il y a des nuits

où même la foi

ne s'allume plus.

Ce n'est pas la fin. C'est juste que tu regardes dans la mauvaise direction.

J'ai traversé des saisons comme ça où je priais dans le noir et où le noir ne répondait pas. Où je cherchais une lumière et ne trouvais que mon propre épuisement.

Ce que j'ai appris, lentement, douloureusement, c'est que la lumière n'avait pas disparu. C'est moi qui avais fermé les yeux.

« Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura au contraire la lumière de la vie. » - Jean 8:12

Ce que personne ne dit à voix haute

On ne parle pas assez

des nuits qui durent.

Il y a des pertes qui éteignent quelque chose en toi. Une rupture. Un deuil. Une blessure faite dans une église, là où tu venais chercher de la lumière et où tu en es sorti·e avec une cicatrice de plus. Un silence de Dieu qui s'est étiré trop longtemps.

Dans ces moments-là, on ne cherche pas une explication théologique. On cherche une bougie. Quelque chose qui résiste au vent. Quelque chose qui ne s'éteint pas même quand on souffle dessus de toutes ses forces.

Ce que tu te dis dans le noir 

Et si j'avais tout épuisé ? Et si j'étais allée trop loin dans mes fautes, mes doutes, ma froideur ? Et si, cette fois, la lumière ne revenait pas ?

Ces pensées, on ne les dit pas à l'Église. On sourit le dimanche. On chante. Et on rentre chez soi avec la même obscurité dans la poitrine, en se demandant pourquoi ça marche pour tout le monde, sauf pour nous.

Je t'écris depuis cet endroit-là. Pas depuis un podium. Depuis la fosse. Et je t'écris parce que j'en suis sortie, non pas parce que j'étais plus forte, mais parce qu'une lumière est descendue me chercher exactement là où j'étais.

La vérité qui renverse tout

La lumière n'a pas disparu.

Elle t'attend.

Voilà ce que j'aurais voulu qu'on me dise dans ma nuit la plus longue : une bougie allumée dans une pièce ne s'éteint pas parce que tu as fermé les yeux. Elle continue de brûler. Elle attend que tu rouvres les paupières.

Dieu n'est pas une lumière capricieuse qui se coupe quand tu doutes, qui faiblit quand tu trébuches, qui t'abandonne dans le noir parce que tu as trop tardé à revenir. Il est la lumière qui reste, fixe, stable, inépuisable, même quand tu n'as plus la force de la chercher.

« Même si je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. » - Psaumes 23,4

Ce verset ne dit pas : l'ombre disparaîtra bientôt.

Il dit : tu es avec moi dans l'ombre.

La lumière divine ne supprime pas toujours la nuit. Elle la traverse avec toi.

La lumière qui ne s'achète pas

On nous apprend souvent, implicitement, que la lumière de Dieu est une récompense. Que si tu pries assez, que si tu obéis assez, que si tu es assez fidèle, alors il éclairera ta route. C'est un mensonge doux, et il fait des dégâts.

La lumière de Dieu n'est pas une récompense. C'est sa nature. Le soleil ne choisit pas d'éclairer les maisons des gens bien et de laisser les autres dans le froid. Il brille. Pour tous. Sans condition.

Et toi aussi, tu es sous ce soleil-là.

Pour toi, maintenant

Qu'est-ce que ça change,

concrètement ?

Dire "Dieu est ma lumière", ce n'est pas une belle phrase à mettre en fond d'écran. C'est une ancre. Quelque chose qu'on plante dans le sol quand le vent est trop fort pour tenir debout.

Quand tu ne vois plus le chemin, la lumière ne t'indique pas la destination, elle éclaire juste le prochain pas. Un seul. Celui-là suffit.

Quand la nuit dure et que tu commences à croire qu'elle est permanente, rappelle-toi qu'une nuit, aussi longue soit-elle, a une durée. La lumière du matin n'a jamais failli une seule fois.

Quand tu te sens indigne d'être éclairée, souviens-toi que la lumière ne demande pas si tu la mérites. Elle illumine ce qu'elle touche. C'est sa seule loi.

Quand tu n'as plus les mots pour prier, ferme juste les yeux et tourne-toi vers la lumière. Pas besoin de phrase. Il voit dans le noir.

« Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. » - Psaumes 119,105

Une lampe aux pieds. Pas un phare qui illumine l'horizon entier. Juste assez de lumière pour le pas suivant. C'est souvent tout ce dont on a besoin et tout ce que Dieu promet.

Tu n'as pas à retrouver la lumière.
Elle ne t'a jamais quittée.